Nourritarienne

(déf. : personne qui mange de la nourriture. source : sophie boulianne)

C’est le jour du bilan. J’ai beaucoup de chose à dire mais comme il s’agit d’un blogue et non d’un livre j’essaierai de concentrer mes idées.

Je dois avouer que je suis un peu déçu que le défi soit terminé. Il nous obligeait à être structuré alimentairement, ce que je ne  suis pas, mais pas du tout. Habituellement nous perdions beaucoup de nourriture, par manque de motivation au retour du boulot, beaucoup de repas pour emporter égal beaucoup de perte dans le frigo. Avec le végétarisme, l’importance de manger a pris un autre sens. Les apports nutritionnels devenaient très importants, chose à laquelle je ne m’étais jamais intéressé.

La viande ne nous a manqué qu’à de très rares moments. C’était plus une difficulté de la remplacer, au début, que l’envie d’en manger. Ayant probablement toujours à l’esprit que ce ne serait pas pour toujours mais bien que pour trente jours.

Ne m’étant JAMAIS intéressé à cet aliment, le tofu a vraiment été pour moi une découverte. Il fera partie de chacune de nos listes d’épicerie et nous essaierons le plus souvent possible de l’intégrer à nos recettes habituelles : sauce spaghetti, général tao, sauté de légumes.

Un aspect important du défi étant la santé j’ai décidé de vous faire part de mes observations quoique un peu personnel. Pour moi le changement a été hormonal. D’aussi loin que je me rappelle j’ai toujours eu beaucoup de SPM, qui duraient pendant plusieurs jours avant les règles; états dépressifs, douleurs aux seins, douleurs au ventre, et j’en passe. Et bien, tous ces symptômes n’ont pas fait leur apparition pendant le défi, pas un seul. Au début je n’y croyais pas vraiment, ce ne pouvait être aussi instantané?! Mais après quelques recherches sur le net j’ai dû me rendre à l’évidence; mon nouveau régime était la solution à mon énorme problème. Vous imaginez? Depuis que j’ai 15 ans que mes règles sont un réel problème et pas un médecin ne m’avait parlé des vertus du soja. Et ses bienfaits n’ont rien d’ésotérique, il y a plusieurs études qui le démontrent. Mon niveau d’œstrogènes descend très bas pendant cette période et le soya contient des œstrogènes végétaux qui viennent probablement combler ce débalancement. Le soja est d’ailleurs un excellent « remède » à la ménopause. Je ne cesserai donc pas de si tôt ma consommation de tofu!

La première « viande » que j’ai mangée, le 3 février 2012, a été un sushi aux crevettes. Il était bien sûr délicieux, mais pas plus que la dernière fois que j’en avais mangé. La deuxième viande a été un morceau de bacon dans une salade césar, banal mais ô combien délicieux. Ensuite la soirée s’est terminée par une succulente lasagne préparée par ma tante Brigitte pour le 25ème anniversaire d’Andrée-Anne. D’ailleurs Jean-Nicolas veut la recette de sa sauce. Nous avons porté un toast à la fin de cette aventure, et nous en étions je crois, tous les quatre, extrêmement fière.

Ce défi ne m’a apporté que de bonnes choses; apprendre à bien manger, goûter de nouvelles choses, essayer de nouvelles recettes, écrire ce blogue. With or without viande va vraiment me manquer et c’est avec une certaine anxiété que je redeviens carnivore. Je sais que j’aurais pu continuer mais mon amour pour la viande est trop fort. Alors voilà ma conclusion, à mes heures je suis : carnivore, végétarienne, frugivore, crudivore, végétalienne, ….heu non, pas végétalienne, franchement faudrait pas exagérer! Je crois qu’un bon équilibre de toutes ces définitions suffisent à être en bonne santé et à être heureux, parce que manger; c’est le bonheur!

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Crémeuse ou traditionnelle?

Enfants, lorsque nous partions un week-end à Baie-Ste-Catherine pour aller voir nos grand-mamans, nous faisions toujours un petit arrêt à Chicoutimi. C’était spécial, une petite gâterie pour une famille avec peu de moyen; pour nous, rien n’égalait cette halte. Cependant, je devais toujours partager la récompense avec ma sœur. Je me rappelle de la première fois où j’ai demandé à ma mère si je pouvais en avoir pour moi toute seule, je devais avoir 8 ou 9 ans. Papa et maman en ont discuté et m’ont fait promettre de ne rien laisser, sinon ce serait long avant que j’y ai droit. C’est donc sur cette grande permission que j’ai commandé, moi-même, le premier d’une longue série de quart de poulet cuisse à la Rôtisserie St-Hubert.

C’était toujours la même chose, après le repas, satisfaits, nous reprenions la route en somnolant sur le siège arrière. Avec le recul, force est d’admettre que cet arrêt servait bien les intérêts de mes parents…ils étaient tranquilles pour la seconde moitié du voyage.

La semaine dernière, nous sommes tombés par hasard sur l’émission de Mario Jean sur canal Z. Elle portait sur le poulet des Rôtisseries St-Hubert : Du poulailler à votre assiette. Je me suis dit que ce serait pourrait être l’occasion de me dégoûter du poulet pendant le défi! ». Ça a commencé plutôt bien, on voyait des poules dans un poulailler de l’Ile d’Orléans qui étaient bien traitées, bien nourries, elles avaient l’air relaxe. Ça s’est compliqué lorsqu’elles ont été transportées en groupe dans des boîtes de plastiques pour être emmenées à l’abattoir. Ensuite nous les avons vu suspendu par les pattes à des crochets, toutes bien cordées côte-à-côte. Bien sûr, nous n’avons pas vu le « crime », mais les scènes avant et après m’ont mis l’estomac à l’envers…je regardais Jean-Nicolas d’un air désespéré, j’hésitais à continuer. Finalement, les poulets sont parties pour le restaurant et lorsque je les ai aperçu à l’écran, dans la rôtissoire, toutes dorées, brillant de bon gras (noter ici que je ne dis pas « bon » dans le sens de bon pour la santé) mon cerveau a vite oublié toutes les images que je venais tout juste de visionner. Comme quoi la vie (ou plutôt l’esprit), c’est bien fait!

Peu de gens savent que je suis totalement folle du quart de poulet cuisse  de chez St-Hubert, je me suis bien gardé de m’en venter. J’ai entraîné mon homme dans mon vice et il arrive régulièrement de nous en faire livrer à l’appart, les soirs où nous avons moins envie de cuisiner.

Je dois vous avouer que depuis quelques jours, lorsque nous passons devant le restaurant à la fin de notre journée de travail, mes jambes deviennent molles et j’ai des sueurs froides. Nous n’avons pas encore décidé quel serait notre premier repas de viande, chose certaine, je travaillerai fort pour que ce soit du St-Hubert!!

Sophie-la-traditionnelle

3 dodos…

Vous vous souvenez peut-être de mon premier article, où je redoutais le début du défi : mon manque de préparation me faisait angoisser. Ce matin, je me suis surprise à anticiper le retour à la “normale”…

En fait, je ne devrais pas dire la “normale” puisqu’après bientôt un mois de végétarisme, nous ne trouvons plus ça anormal de ne pas se rendre dans l’allée de la boucherie à l’épicerie, de ne pas cuisiner de viande, d’aller au resto et de ne pas regarder les plats avec viande, etc. Comme Raf le disait dans un de ces articles, juste à avoir un frigo garni et ça règle bien des problèmes!

Au début du mois, je me disais: “Pour fêter la fin du défi, quel plat contenant de la viande vais-je manger en premier?”. Nous sommes à 3 dodos de la fin et je n’ai toujours pas trouvé la réponse… Est-ce que ça veut dire que ça ne me manque pas tant que ça?

Andrée-Anne-la-convertie

3 janvier 0h00 + 30 jours = 2 janvier 0h00

Il ne reste que 4 jours au défi !!!!

Où sont passé toutes ces journées?!

 

Sophie-abasourdie

On est devenus granos ou quoi….?

Je faisais la blague aujourd’hui à Andrée-Anne que l’on a vraiment eu une journée grano…Résumé de la journée : panier d’épicerie rempli de légumes presque exclusivement, promenade sur St-Jean et lunch au Commensal, après-midi de raquettes, etc. Blagues à part, signe que nous devenons de plus en plus à l’aise avec notre statut de végétariens, la planification des menus devient plutôt facile. Par exemple, plus besoin de penser deux-trois jours à l’avance des menus, simplement avoir un frigo bien rempli et c’est suffisant pour improviser un délicieux repas le soir venu.

Par contre, dans un autre ordre d’idées, il m’est toujours impossible de manger du tofu. Je n’ai pas réussi à vaincre mon aversion pour cet amalgame de lait de soja caillé (oui oui, c’est bien du lait de soja caillé), et ce n’est pas en raison du manque de volonté. D’abord, j’ai essayé je sais plus trop combien de marques différentes, à toutes sortes de saveurs différentes, je l’ai essayé mariné, je l’ai essayé mélangé à autre chose comme dans un sauté, émietté dans une sauce, rien à faire, il y a un petit goût qui ne passe pas…Toutefois, j’ai essayé plein de “supers-aliments” (comme le quinoa par exemple) et ce fut un succès. En plus, je crois que j’ai mangé plus d’aubergines et de courges dans ce mois sans viande qu’au cours des 20 dernières années.

Finalement, je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup plus de restos qui servent des menus végétariens que j’aurais pu me douter. En effet, s’il est peu surprenant de retrouver des pâtes sans viande chez Pacini, il est assez étonnant de voir une bonne dizaine de plats végétariens sur le menu de Boston Pizza, pourtant un type de resto du genre “Cage au Sports” où l’aile de poulet et les ribs sont reines et rois. D’ailleurs, je vous conseille leur entrée de trempette épinards, chèvre, crème sure servie avec des bâtonnets à l’ail.

Raf “The Tofu Hater”

Une histoire d’amour

Quand je les regarde, à travers l’emballage, ils me fixent. Ils l’ont toujours fait. Leur forme concentrique m’oblige à dévisager ce qui ressemble à une pupille. Ils m’ensorcèlent complètement. Ils sont si beaux, si parfaits. En plus, ils sont une véritable orgie de couleurs, de textures et d’ingrédients frais. Parfois doux, parfois piquants, ils me laissent rarement indifférents. Un millénaire de savoir-faire japonais bonifié par les idées de quelques Californiens hippies ne pouvait que créer quelque chose de parfait.

La première fois où j’ai gouté un sushi, c’était le 28 décembre 1997, jour de mes 18 ans. Ce n’était pas un hasard. Faut dire qu’il y a rarement de hasards avec moi, j’aime trop mettre tout en scène, mais ça, c’est une autre histoire. Pour le passage à l’âge adulte, je voulais quelque chose d’audacieux, sorte de rite de passage. Jusqu’à lors, les sushis me semblaient qu’appartenir aux gens cool de ce monde. J’avais l’impression que seuls les artistes, les musiciens ou les gens urbains en mangeaient. Ça tombait bien, je voulais appartenir à cette faune.

Ma première expérience a été décevante. Trop de chose à apprivoiser j’imagine. Pourquoi ce gingembre goute autant le savon ? Et le wasabi !! WTF ?! C’est quoi ça? Je n’ai pas abandonné. J’ai réessayé. À un moment, sans que je sache pourquoi, je me suis mis à adoré ça. Vraiment. J’ai découvert lesquels j’aimais, lesquels me « roulaient dans la bouche ».

Probablement parce que j’ai décidé un jour que les sushis c’était cool, mon amour pour eux n’a jamais cessé. Ma consommation voguait au rythme de mes finances personnelles. Les années d’Université ont été particulièrement éprouvantes. Aussi, à l’instar de ce voyage en Irlande pour marcher sur les traces de U2, mon voyage au Japon avait comme objectif secret de m’empiffrer de poisson cru ! Bref, quand j’aime, j’aime en cri**

Ce comportement m’amène à jouer au missionnaire. Ce que j’aime plus que tout : convertir les récalcitrants ! J’en suis fatigant. Sophie pourrait en témoigner. Benoit et Geneviève (beau-frère et belle-sœur) ont été initiés par le gourou Jean-Nick l’an passé, Jimmy (l’autre beau-frère) aussi, il y a quelques semaines.

Je crois que Sophie adore les sushis aujourd’hui (a-t-elle le choix ? ;) ). Ma réelle histoire d’amour, c’est avec elle, pas avec les sushis. Franchement, vous ne pensiez quand même pas que mon titre faisait référence aux sushis. Pfff. Néanmoins, ceux qui me connaissent bien savent qu’ils occupent une place importante de mon alimentation.

Cet automne, probablement par besoin de réconfort pendant mes études, j’ai commencé une routine où je mangeais au minimum un repas de sushis par semaine, souvent deux et quelque fois trois…Depuis le 31 décembre 2011, rien. Ils me regardent, ils me fixent, mais je résiste.

Après 23 jours, est-ce que la viande me manque ? Non. Est-ce que les sushis et le poisson me manquent ? D’après vous !

p.s. Je sais qu’ils existent en version végé. Je suis un puriste.

Jean-Nicolas